le domaine



Au XIIIe siècle, lorsque les familles de Baylenx et de Poyanne s'affirment, leur fonction au sein du système féodal est d’abord politique et militaire. Leur maison forte, puis leur château auront donc ses fonctions de défense et d'affichage de l'autorité politique.

Au XVIIe siècle, lorsque les Poyanne sont directement au service du Roi à la guerre et à la cour de Versailles, le Château de Poyanne devient le siège d'un domaine (essentiellement viticole) qui produit les revenus suffisant au train de vie des marquis à Paris et à Versailles.
En 1745, avant que le marquis de Poyanne n'épouse la Marquise de Leuville, une estimation de ses biens indique que la terre et le marquisat de Poyanne donnait annuellement 8 000 livres de revenus auxquels il fallait ajouter les revenus de Sengresse, Gamarde, Onard, Mimbaste, Clermont,Garrey, Monfort, Nousse, Poyartin, Ordise,Castelnau, Geaune,Montagut, Bourdalat, Maurrin et Valier donnant 24 700 livres. A cela, se greffaient les 3000 livres du gouvernement de Dax et les 5 000 livres de son régiment . ( en 1776, une barrique de vin valait 29 livres à St Sever).

Les meubles, vaisselle d'argent et autres effets mobiliers du château de Poyanne et dans celui de Sengresse, avec les bestiaux en dépendant, étaient estimés à 80 000 livres; ceux meublant le château de Dax 15 000 livres; dans les autres seigneuries 22 000 livres; chevaux, équipages et vaisselle du marquis 30 000 livres.

la "maison longue"

Cette importance du domaine de Poyanne peut se mesurer à la lecture des biens mis en affermage, en 1782 : 94 métairies, 6 moulins, 3 bacs sur l'Adour - 68 des métairies étaient pour partie plantées en vigne. Au  décès du marquis, les notaires dénombrent 2 253 barriques de vin, surtout du blanc, entre le château, celui de Dax (un chai au Sablar), la seigneurie de Castelmerle et la caverie de Sangresse. Ces vins sont même exportés jusqu'en Brabant et Hollande par le port de Bayonne. Dans les seules dépendances du château, on dénombre,en 1781, 38 pièces d'eau de vie, 484 barriques de vin blanc et 91 barriques de vin rouge.
D'autant que le dernier marquis a acquis des terres à Monguilhem et Toujouse dans le Bas Armagnac (Gers).

Mais le domaine produit également des céréales (les greniers sont pleins de froment, d'avoine et de millocq), et élève du bétail...
Parmi les activités du domaine de Poyanne, l'une d'entre elle préfigure, avec près de deux siècles d'avance, le renouveau d'une activité typiquement landaise : le thermalisme. Les Poyanne possédaient et exploitaient une maison de bain de boues à Préchacq.

C'est également le dernier marquis qui introduisit sur ses terres la culture de la pomme de terre, même si la récolte était surtout employée pour l'engrais des cochons. Dès 1773, donc avant les succès de Parmentier, il ordonnait à son régisseur de semer le plus possible "de patates et de pomme de terre" et d'engager les métayers à cette culture nouvelle.


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Lors de la Révolution, la petite-fille du marquis, Maximilienne Augustine Henriette de Bethune-Laval, veuve de Charost, héritère du domaine, ayant été considérée comme émigrée, terres et métairies furent mises sous séquestre de la Nation. Plusieurs furent ainsi revendues, avant qu'elle ne soit réintégrée dans ses droits. Suivirent alors divers contentieux, tel celui de la métairie de Lacoste à Laurède qui fit l'objet d'une longue procédure judicaire qui dura de 1794 à 1825.


De fait, après la Révolution, en 1834, le domaine ne compte plus que 26 métairies réparties sur diverses communes de Chalosse pour un total de 175 hectares, 4 moulins, une tuilerie, une prairie dans les barthes de l'Adour, et 20 hectares de bois de chênes et châtaigners. Mais le château lui-même et ses dépendances occupent encore plus de 16 hectares.

Le domaine actuel ne représente plus que 4,7 hectares. Mais l'ensemble bâti est à la mesure du domaine du XVIIIe, soit près de 5 000 m² de plancher , dont 2 173 pour le château ( 36 pièces) et un chai, devenu la maison longue, de 1 600 .
bâtiment annexe du XIXe siècle


vestiges de la fontaine et du lavoir


talus vers la source et les bassins (viviers) du château


plan du château daté de 1838


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