le château endormi


(photo Rando Pedestre-Nordique ALD) 

tristesse des fenêtres et abandon

Leonard, dernier marquis et dernier héritier mâle des Baylenx-Poyanne, mourut en 1781, laissant le château à sa fille, Henriette, mariée en premières noces à Maximilien de Béthune, duc de Sully.

Leur fille unique épousa son cousin, le Duc de Béthune-Charost. Ce dernier guillotiné en 1794, et elle-même emprisonnée, le domaine fut mis sous séquestre de la Nation. La jeune héritière parvint cependant, avec l'aide tenace de son procureur résidant à Poyanne, à obtenir l'annulation de la vente des biens confisqués, et un arrêt du 20 janvier 1795 la réintégra dans la propriété des biens non vendus et le versement du prix des autres déjà vendus.
Après la Révolution, elle épousa Eugène de Montmorency duc de Laval, auquel elle apporta ses biens, avant de mourir en 1833 sans héritier direct.

En Juillet 1813, l'éphémère roi d Espagne Joseph, frère aîné de Napoléon, dans sa fuite éperdue après la désastreuse bataille de Vitoria, et contraint d’abandonner le commandement au maréchal Soult, cherchait un séjour "écarté" pour s’y réfugier. On lui indiqua le château de Poyanne "dans une contrée très retirée", alors propriété des Montmorency. Après avoir rendu visite au général Darricau blessé à Vitoria et transporté chez lui à Dax, il parvint à Poyanne le 17 en voiture à huit chevaux, vêtu d'un uniforme espagnol, accompagné d'une suite de plus de cent personnes et un convoi de chevaux et mulets. Il s’y établit et resta "dans cette solitude" pendant huit jours. Après avoir payé et renvoyé sa maison militaire il quitta discrètement ce refuge le 24 juillet à cinq heures du matin pour prendre la poste à Campagne, muni de passeports remis par le comte d'Angosse, préfet des Landes, lui permettant de rejoindre incognito sa terre de Mortefontaine comme le lui demandait l’Empereur.




La marquise, petite-fille de Léonard de Baylenx, veuve du duc de Montmorency-Laval légua le château à Charles de Talleyrand Périgord, Prince de Chalais, duc de Périgord et pair de France, cousin de son époux.
Celui-ci, sans attache dans le pays, le revendit aussitôt, en 1834, à M. de Moreau de Bellaing,  notable et officier royaliste
originaire du Hainaut, créé baron par Louis XVIII, qui l'habita quelques années.

Après 1848 il fut envisagé d'y installer une division de l'Ecole Polytechnique, et l'on dit même que l'Impératrice Eugénie eut l'idée de l'acheter pour
en faire une résidence impériale.




Le château est finalement acheté à Léopold Moreau de Bellaing, veuf ( son épouse est décédée au château le 9 février 1868) et sans enfants, le 3 mai 1869 par le Père Felipe Gomez, général de la Compagnie de Jésus, venant de Loyola après la suppression de la Compagnie en 1868, pour y installer la maison professe et le noviciat de la province de Castille. Il accueille alors soixante douze jésuites espagnols chassés d'Espagne.
Ces derniers ajoutent des constructions nouvelles pour accueillir, pendant onze ans, jusqu'à cent jésuites et autant de novices exilés dits les "poyaneos".


Le père Luis Martin y Garcia y étudia puis enseigna la philosophie et la théologie de 1868 à 1880,
 avant de devenir le supérieur général de la Compagnie de Jésus en 1892

Après leur expulsion en 1881, le château accueillit, de 1907 à 1936, le petit séminaire diocésain d’Aire et de Dax. Les jésuites encore propriétaires vendirent cependant leurs droits en 1910 à la famille Coyola de Monfort qui en fit don à la SA de Poyanne en 1936, avant que s’y installe l’abbaye des moniales bénédictines de l’ordre de Saint Eustase originaire du diocèse de Metz, sous le nom de Notre Dame de Varangeville.


A la suite de l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes en mai 1940, et l'exil du gouvernement belge sur le chemin de l'Espagne et de l'Angleterre, une partie des archives de la couronne de Belgique transportées en quatre-vingt quatre caisses  dans trois s camions parvint à Dax. L'évêque Clément Mathieu les dirigea vers la mère abbesse de l'abbaye bénédictine installée au château. Les caisses y  furent  descendues  dans les sous-sols et cachées dans une salle ensuite murée. Elles y restèrent cachées jusqu'à ce que l'ambassadeur de Belgique à Paris vint les récupérer en février 1946.

La communauté des religieuses bénédictines quitta le château de Poyanne en 1985.

Mis en vente, il fut enfin acquis, au printemps 1988 par le Conseil Général des Landes qui a entrepris la restauration complète des couvertures et façades de 1999 à 2009, sous la direction de M. Stéphane Thouin, architecte en chef des monuments historiques, maître d'oeuvre.( 1 559 000 euros HT).


Triste état en 1988



restauration façade nord en 2008


VERS UNE RENAISSANCE ET VALORISATION TOURISTIQUE ET CULTURELLE
D'UN MONUMENT MAJEUR DES LAN
DES ?


Le département des Landes est propriétaire d'un fleuron du patrimoine monumental qui, par sa valeur esthétique et sa mémoire historique, mériterait d'être approprié aussi par le public. Récemment sauvé du péril de sa vieillesse, le château de Poyanne ne trouvera de véritable sens que lorsque il deviendra le support d'une quelconque activité culturelle ou économique. Les louables efforts financiers du Conseil Général pour sa sauvegarde devront être récompensés par une mise en valeur, un projet viable et novateur, voire rentable, de nature à provoquer une réelle attractivité du lieu. Mais là, commencent les évidentes difficultés !

La restauration de l'intérieur de cet imposant monument nécessiterait plusieurs longues années et plusieurs millions d'euros. Aussi, sauf apparition d'un miraculeux mécène, il est probable qu'il faudra attendre longtemps avant une éventuelle ouverture au public.
En cette attente, une mise en valeur des abords du château ou aménagement du parc serait de nature à y engendrer des animations diverses et bienvenues.




les pavillons centraux ont un petit air de Moulinsart !

aujourd'hui,

(source:monfort.blogs.sudouest.fr)


Un jour peut-être ?

... rêverie toute personnelle d'un château imaginaire ...

POURQUOI PAS??

23 juin 2013



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